Le lendemain matin, assez tôt.
Kha'h se retourna dans son grand lit douillet... et se cogna à Lloan, celui ci s'était apparemment mis à son aise et dormait comme un loir.
Lundi... lycée... à cette pensée Kha'h ne put réprimer une grimace de profond ennui, il se tourna donc vite vers celui qui occupait la majeure partie de son lit pour contempler son visage auréolé d'une cascade de boucles blondes, presque enfantin dans son sommeil. Tout à coup, il prit conscience que deux jeunes femmes aux cheveux noirs, semblant être l'une le reflet de l'autre, se tenaient debout à l'autre bout de son lit et l'observaient.
“Mais qu'est ce que vous faites dans ma chambre ?! On ne peut donc avoir son intimité nulle part ici ?” s'exclama-t-il, surpris, un peu trop fort cependant, car cela réveilla Lloan qui se redressa tout aussi surpris, tout aussi ébouriffé - et tout aussi nu - que Kha'h. Ce dernier s'empressa d'ailleurs de se couvrir, lui et Lloan, avec sa couette.
“A ton avis ? on t'attend !” répondirent ses s½urs jumelles en ch½ur entre deux fous rires provoqués par l'embarras visible de Kha'h.
“Vous m'attendez ? Mais pourquoi... ce n'est pas encore l'heure d'aller au lycée, j'ai cours plus tard aujourd'hui...” des tréfonds de sa mémoire embrumée par le sommeil, des bribes de la journée - et de la nuit - passée resurgirent peu à peu...
“Ah... pour le Conseil ?”
“Non, ça c'est pour plus tard, il faut avant tout t'éveiller.” dit Lillya'h.
“M'éveiller ? Mais je suis réveillé ! Ça ne se voit pas ?”
“Lillya'h a parlé de t'éveiller, pas de te réveiller” répondit Lannya'h a son tour.
“L'Éveil est la cérémonie par laquelle commence ta vie en tant que membre responsable de cette illustre famille.”
“Aaah... bon !” Kha'h ne sut pas quoi répondre, il dormait encore à moitié - et aurait bien aimé continuer.
“Allez, lève toi ! Nous n'avons pas de temps à perdre !” lui intima Lillya'h en ouvrant une des grandes fenêtres.
Kha'h détestait cette façon inhumaine de le réveiller et de l'obliger à se lever. Il regarda avec envie Lloan qui se contentait de s'enfouir sous la couette pour replonger dans un sommeil paresseux.
“Tiens, voilà tes habits” lui dit Lannya'h en lui tendant un ensemble noir et argent brodé aux armoiries des Fay.
Kha'h s'habilla, se prépara - pendant que ses s½ur lui faisaient des remarques, comme quoi il était encore plus lent que certaines filles superficielles très en peine de leur apparence - et tous trois descendirent prendre un rapide petit déjeuner.
Après cela, ils se rendirent dans la cour où les attendait un traîneau attelé de trois chevaux.
“Où allons nous ?” demanda le cocher, un jeune homme de l'âge de Kha'h, qui tout comme lui était heureux de l'excuse fournie pour éviter une journée de cours (service des Fay).
“A la Cité des Glaces” lui ordonna Lillya'h.
Le traîneau partit à toute allure vers le c½ur des Contrées Boréales, silencieux, la neige étouffant le galop des chevaux. Pendant que monts et vallées, fleuves et forêts défilaient, les s½urs lui parlèrent de la Cité des Glaces.
La Cité des Glaces Éternelles était l'ancienne capitale de l'Empire, le c½ur magique et l'âme des Contrées. Elle a été bâtie par la Magie Elle-même, c'est là que se trouve le Sanctuaire des Arcanes, le lieu où Ses élus peuvent entrer en contact avec Elle. Chaque Gens y possède un Palais gardant l'une des sept portes de la Cité, symboles de leur rôle de Gardiennes des sept provinces des Contrées et au centre de la Cité se trouve le Palais Impérial, magnifique bâtiment qui n'a son pareil nulle part ailleurs. Comme après la Trahison et la Chute de l'Empire, le nouveau gouvernement, c'est à dire le Consilium Principum, s'était installé à Artica, la Cité fut désertée.
Le traîneau entra par la Porte des Roses et entra dans la cour du Palais des Fay. De là, frère et s½urs se dirigèrent vers le centre. La Cité était entièrement ciselée dans de la glace, d'où son nom, les palais, bibliothèques, thermes, tous les bâtiments semblaient aériens tant ils étaient finement ouvragés. La lumière bleutée, irréelle, diffusée par la glace et le silence oppressant qui régnait en ce lieu emplissaient le visiteur d'une crainte respectueuse.
Au bout d'une allée bordée de statues altières d'empereurs des temps passés s'élevait le Palais Impérial avec ses coupoles, ses balcons, ses portiques, tours et tourelles s'élevant dans le désordre le plus harmonieux qui soit. Les jumelles, et Kha'h à leur suite, ébahi de tant de beauté, montèrent les marches du grand escalier frontal et empruntèrent une suite de couloirs. Les portes s'ouvraient devant eux, comme si elles les reconnaissaient, ils rencontraient parfois des statues de glace, domestiques figés en plein mouvement, malheureuses victimes de la Trahison.
Ils arrivèrent enfin dans la Salle des Grands de l'Empire, une salle circulaire, assez austère, meublée d'une table ronde, plutôt un anneau d'ébène en fait, vide en son centre, centre où flottait une sphère de quelque chose d'inqualifiable, pulsant d'une lumière changeante et irradiant d'une douce chaleur... Autour de la table, huit sièges à haut dossier, chacun orné des armes d'une des sept Gens ou de la famille impériale... Les trois s'avancèrent vers le siège noir orné de la rose, la sphère flamboya et vint les entourer, puis retourna au centre... la table s'agrandit, deux sièges supplémentaires aux armes des Fay apparurent et sur les trois sièges noirs s'inscrivirent leurs noms en lettres d'or, puis les sièges s'éloignèrent de la table, comme pour inviter Kha'h et ses s½urs à prendre place. Ce dernier voulut s'y asseoir, mais Lillya'h le retint :
“Cette Salle est l'une des multiples entrées du Sanctuaire des Arcanes, c'est la seule entrée dans les Contrées Boréales... pour y accéder, nulle incantation, nul cercle de runes... par cette Salle ne peuvent accéder au Sanctuaire que ceux qui sont de sang ancien, c'est à dire les membres des sept Gens et de la famille impériale... les seuls Hommes des Contrées Boréales aptes à user de magie...
Lorsque nous nous assoirons, nous serons transportés en un lieu de magie pure... le voyage est pour le moins surprenant, prépare toi y...”
Ils prirent place... la Salle se mit a tourner autour d'eux, ils eurent l'impression d'être congelés et de brûler à la fois, leur vie repassa devant leurs yeux en l'espace de quelques battements de c½ur... après quelques instants qui leur parurent une éternité, ils se retrouvèrent assis autour d'une table similaire à celle du Palais, mais en un lieu hors du temps, un lieu de magie pure, qui prenait l'apparence qu'on en imaginait, un lieu à l'apparence différente pour chacun...
Lannya'h expliqua à Kha'h qu'en ce lieu il trouverait toute information qu'il désirerait, entres autres des livres de sorts, introuvables dans les bibliothèques... elle le prévint encore que bien que la Magie soit omnisciente, Elle ne donnait pas toujours la réponse désirée...
Une forme capuchonnée en livrée noire avec une rose d'argent apparut, leur demandant ce s'ils désiraient quelque chose, offrant de les guider...
“Nous désirons procéder à l'Éveil de notre jeune frère” lui répondit Lillya'h.
“Nous vous attendions... si vous voulez bien me suivre” leur répondit la forme brumeuse dans un souffle, ses paroles semblant venir de partout à la fois.
Quelques instants plus tard, ils arrivèrent à un grand portail qui ne payait pas de mine, là la forme capuchonnée dit aux deux s½urs qu'il n'était permis qu'une seule fois à chacun de traverser ce portail dans son existence. L'ayant déjà franchie auparavant, elles ne suivirent pas Kha'h plus loin.
Kha'h franchit le portail. Derrière là porte il n'y avait rien, pas même une étincelle de lumière, il était debout dans le vide et pourtant il ne tombait pas, ou alors il ne s'en rendait pas compte. Lorsqu'il se retourna, il n'y avait plus de portail non plus. Il aperçut alors une étincelle de lumière qui grossissait à vue d'½il, comme si quelque chose de lumineux approchait. Au fur et à mesure que cette lumière approchait et grandissait, Kha'h put distinguer une forme humaine. La Magie lui apparut sous les traits d'un beau jeune homme... ou d'une superbe jeune femme, il n'en savait rien, il n'y avait aucun moyen de le dire. Plus la silhouette approchait, plus elle grandissait, mieux il la voyait, bientôt il vit qu'Elle n'avait pas les traits d'un seul être humain, mais tour à tour ceux de tous ceux qu'il aimait par dessus tout.
Une voix... non, une multitude de voix s'éleva alors :
“Pour t'éveiller à une vie nouvelle, tu dois mourir. Tu ne t'éveilleras que si tu échappes au Temps et à l'Histoire, à ton histoire... Ainsi donc, meurs !”
Ce dernier mot était prononcé avec une force inouïe, il était d'une telle autorité que Kha'h ne put y échapper. il n'eut pas le temps de réfléchir à Ses paroles que déjà son c½ur avait cessé de battre et que son corps tombait en une chute interminable dans le vide... pourtant il pensait toujours, il voyait son corps tomber, et il La voyait toujours encore, Elle... il existait donc toujours, une partie de lui du moins.
Les voix s'élevèrent à nouveau pour prononcer un seul mot : “Va !”
A nouveau, aucun moyen d'échapper à l'autorité de cette parole, son âme ou ce qui restait de lui fut pris dans un tourbillon d'images... il se revoyait lui, Lloan, Arjun'h, ses s½urs, sa famille, mais les images défilaient dans le mauvais sens, il remontait le temps. Arrivé à sa naissance, il crut que tout s'arrêterait là, mais non, le tourbillon reprit de plus belle, il n'avait plus le temps de distinguer quoi que ce soit dans ce chatoiement de couleurs... apparemment, il remontait très loin dans le temps...
Tout à coup, le tourbillon ralentit, un paysage apparut. Il regarda autour de lui. D'après le relief, il était toujours au même endroit... sauf qu'il n'y avait pas de cité de glace. Il prit alors conscience qu'il était au sein d'un cercle de neufs personnes en armure, tous avaient quelque chose de noble, un port altier. Parmi eux, il y avait des jumeaux... très beaux ne put-il s'empêcher de remarquer en les détaillant. Ils regardaient dans sa direction, mais ne semblaient pas le voir, ils regardaient plutôt à travers lui. Il se retourna et vit La vit. C'était Elle que tous regardaient, et Elle, contrairement aux autres, le voyait...
Elle commença alors à parler... cette fois ci, sa voix n'était que musique, ses paroles pénétraient le c½ur de ceux qui l'entendaient et emplissaient leurs êtres. Elle leur expliqua qu'Elle était l'Origine de ce monde, que tout ce qui le composait était Sien, issu d'Elle. Ils étaient Ses élus, choisis parmi les Hommes à qui Elle avait permis d'habiter ce monde. Elle les avait choisis pour le préserver et le gouverner. Ils durent lui jurer allégeance et respect de Sa Création, ainsi que le devraient tous leurs descendants à leur tour. En prononçant ces paroles, Elle regarda plus particulièrement Kha'h qui mit alors genoux à terre, baissa la tête et lui jura.
Elle confia alors à huit des chevaliers présents, dont les jumeaux, les sept provinces des Contrées en leur rappelant leur serment. Puis Elle appela le dernier chevalier à Elle, Elle lui confia le soin des Contrées toutes entières, et lui donna la souveraineté sur les huit autres tout en exigeant de lui le serment que lui et ses descendants se montreraient toujours équitables envers les autres qui ne seraient toutefois pas liées à lui par un quelconque serment d'allégeance à sa personne, mais par celui qu'ils Lui avaient fait en c½ur.
Enfin, Elle fit apparaître huit pierres précieuses luisant de feux colorés dans la paume de sa main et d'un souffle de Sa part, elle partirent vers les neufs chevaliers, se posèrent sur leur front où elles disparurent pour se mêler à leur sang, l'émeraude donnée aux jumeaux se fissura et une moitié s'unit à chacun d'eux. Les chevaliers touchèrent leur front, incrédules, sous leurs doigts se mit à briller une lumière, puis elle disparut. Kha'h savait que cela n'arrivait que lorsque le front était touché par un membre des Gentes, une personne douée de Magie, il toucha son front, une lueur rouge sang s'enflamma pendant un instant, or personne n'avait reçu une telle pierre... Ces pierres, expliqua-t-Elle étaient une parcelle de Son Pouvoir dont elle leur avait ainsi fait présent. Grâce à elles, ils avaient le Don d'apprendre et de pratiquer Ses Arts, la Magie.
Après ces dernières paroles, Elle s'éleva dans les cieux jusqu'à ce qu'on ne put plus distinguer les traits de son visage, elle étendit ses bras et entonna une mélopée envoûtante. Le ciel se couvrit, il se mit à grêler comme jamais Kha'h ne l'avait vécu, jusqu'à ce que la colline soit entièrement couverte de glace, puis cette glace commença à s'agglomérer. Sur la colline commença à s'élever un immense palais aux multiples tours, puis divers bâtiments ainsi que sept autres palais... Ainsi surgit en quelques heures du néant la Cité des Glaces, joyau inégalé des Contrées Boréales, scintillant de toute les couleurs par le jeu des rayons des soleils qui avaient vaincu les nuages pour honorer de leur lumière la dernière et la plus accomplie de Ses créations.
Tout comme les neufs chevaliers, Kha'h n'arrivait pas à croire ce qu'il venait de voir. Tout à coup tout se remit à tourbillonner autour de lui.
Lorsque le tourbillon s'arrêta à nouveau, il se retrouva dans une forêt profonde. Un cor de chasse retentit et il entendit des chevaux approcher au grand galop. Sans réfléchir, il se cacha derrière des buissons. Des Tigrains, nobles créatures ayant à la fois l'apparence d'un homme et d'un tigre, respectées pour leur force et leur sagesse, passèrent devant lui, semblant courir pour leur vie. Soudain une volée de flèches siffla et un Tigrain s'effondra juste devant lui. Les cavaliers approchèrent, mirent pied à terre et entourèrent la créature blessée. L'un deux, un homme élancé, athlétique, ressemblant beaucoup à Arjun'h - il ne devait avoir que quelques années de plus que lui - tendit la main et quelque chose d'indéfinissable s'échappa du Tigrain, inexorablement attiré par la main du jeune homme. Kha'h comprit qu'il était entrain d'absorber l'essence du Tigrain, sa vie et ses pouvoirs... tuer ainsi l'une des Créatures était un crime indicible, une telle cruauté était inconcevable... dans son dernier souffle, le Tigrain maudit son assassin.
“Parjure... tu L'as trahie pour plus de pouvoir... Artemias'h Fay, sois maudit en Son nom... ni toi ni ceux de ton sang ne trouveront plus le repos ni dans la vie, ni dans la mort, je le jure par ma vie qui fuit... soyez maudits toi et les tiens... Justice sera rendue...”
Artemias'h riait à gorge déployée pendant que Kha'h se retenait de vomir de dégoût. A nouveau, tout recommença à tourner autour de lui.
Lorsque le tourbillon s'arrêta, il se trouvait à nouveau au Sanctuaire... mais il n'était pas seul, Artemias'h était là, lui aussi, vieilli, fatigué, il n'était plus guère que l'ombre de lui même.
Lorsqu'Elle apparut, tous deux tombèrent à genoux. Artemias'h commença à conter son histoire depuis le jour fatidique. Maudits, lui et les siens durent dès ce jour vivre seuls, abandonnés de tous, plus personne ne les approchait, ni Homme, ni Créature, ni animal. Quiconque essayait de s'en prendre à eux mourrait de Sa main avant de d'avoir seulement pu les toucher. Durant des décennies, ils errêrent ainsi, en parias. Finalement, Artemias'h était venu implorer Son pardon, il regrettait amèrement son action.
“Tu Nous as trahis...” ces mots tombèrent comme autant de coups de couteau lacérant non seulement le corps, mais aussi l'âme. Elle tendit sa main et Artemias'h se tordit de douleur, une émeraude sanglante s'arracha à son front pour tomber dans Sa main.
“...toutefois Nous te pardonnons car Nous savons que désormais aucun des tiens ne quittera plus Notre voie... toi et les tiens avez souffert longtemps, tu as longtemps erré avant d'oser te présenter devant Nous... ta souffrance à racheté ton action, mais vois ce que ton avidité à fait.”
L'émeraude était devenue un rubis couleur de sang.
“Tu as voulu plus de pouvoir, tu te les as pris et tu en as payé le prix. Par respect pour le Tigrain que tu assassinas et pour tous ceux qui comme lui durent périr de ta main, Nous ne te reprendrons pas ces pouvoirs, mais par respect pour toutes Nos Créatures, Nous ne pouvons pas vous laisser toi et les tiens en disposer à votre gré et sans contraintes.”
Sur ces paroles, le rubis quitta Sa main et disparut dans le front d'Artemias'h pour retourner se mêler à son sang.
“Ceci est Notre second Don, vous voilà plus puissants que tous les autres, ainsi que vous l'avez voulu, mais vous en paierez le prix à chaque fois que vous userez de cette puissance... vous payerez de votre vie. Ainsi soit il !
Va maintenant, reprends ta place avec les tiens.”
Kha'h comprit maintenant pourquoi il n'avait pas le droit d'user pleinement de magie jusque là, dans son exubérance d'adolescent, il aurait cherché à dépasser les limites imposées - l'éternelle fascination exercée par l'interdit - et en serait mort.
Lorsqu'Artemias'h eut quitté les lieux, Elle se tourna vers lui.
“Tu es mort, tu as vu ton passé et tu y as survécu, d'autres ne sont jamais revenus de ce voyage car ils ont essayé d'intervenir, de modifier le passé, ils y ont laissé leur vie. Tu es digne de renaître...
Que ton âme rejoigne ton corps ! "
Devant Kha'h son corps se matérialisa peu à peu, surgissant du néant, portant toujours encore une expression de surprise. En regardant ses yeux, son corps se mit à tournoyer devant lui - ou était-ce sa vue qui se troublait à nouveau ? - et il se sentit inexorablement attiré vers celui-ci.
Kha'h tomba, tomba et tombait toujours, puis tout s'arrêta. Lorsqu'il rouvrit les yeux, Elle était encore là, mais plus imposante que jamais. Elle esquissa un simple geste et un vent glacial d'une force inouïe se leva et l'emporta loin d'Elle, toujours plus loin... puis tout devint noir, pendant qu'une douleur dans le front le fit sombrer dans un flot de pensées.
Lorsqu'il reprit ses esprits, ses s½urs étaient penchées au dessus de lui. Jamais les retrouver ne lui avait procuré autant de joie qu'à ce moment là. Il avait un terrible mal de crâne... avait-il vraiment vécu tout cela ? Il se retourna, il n'y avait aucun portail, le mur était vide. Un instant cependant, il crut voir des runes de feu se mouvoir avant de disparaître...
" Viens, allons manger quelque chose, tu dois avoir faim ", s'exclama Lannya'h en riant, l'arrachant à ses pensées.
Tous trois quittèrent le Palais Impérial pour se rendre au leur, là un bon repas les attendait, préparé par le jeune homme qui les avait amenés.
by Djehouti